Artiste Peintre
ErmannoOrselli herman - E²Oh !
E²Oh !
Galerie
CuriculumVitae Parcours
artistique Articles
de presse e.orselli@swing.be
 
"Artiste Peintre intéressé par la philosophie".
Mes origines familiales
Je suis né à Mont-sur-Marchienne en Belgique le 15 octobre 1962,
4h30'.
Mon père, Claudio Orselli (1923-1997) et mon grand-père Ermanno Orselli
mort en 1961 étaient tous deux photographes. Mon père me racontait que son
papa, alors photographe à l'Ile d'Elbe, faisait des expériences pour trouver
le moyen de faire des photos aériennes à l'aide de montgolfières ou encore
organisait volontiers des feux d'artifices sur la plage. Mon grand-père pouvait
être défini comme un original, photographe, sculpteur, poète (surtout quand
son chemin croisait une femme qui l'attirait). De Portoferraio où il avait une
boutique jusqu'en 1926, ils sont allés s'installer à Massa Lombarda en Emilia
Romagna. Ma grand-mère paternelle est décédée en 1928 en mettant au monde le
frère de mon père. Mon grand-père épousa alors en deuxième noce une dame
qui ne fit pas le bonheur de mon père. Il avait 22 ans lorsque revenant d'avoir
été prisonnier des camps de travail allemands, il décide d'aller vivre
ailleurs, se sentant mal accueilli lors de son retour de captivité. Il ira,
avec ma mère qu'il aura épousée entre temps, vivre à Taranto, dans le sud de
l'Italie où mon frère Joseph est né. Comme il était marin, il avait le
sentiment qu'il pourrait faire sa vie en photographiant les marins du coin et
effectivement, le succès fut au rendez-vous. Malheureusement, il faisait de
l'ombre au commerce d'un autre photographe et il fut "prié" de
quitter la ville. Il décide alors de quitter l'Italie. Il avait le choix entre
fermier en Australie et mineur pendant 5 ans en Belgique. Ils partirent
s'installer en Belgique. Plutôt pragmatique de nature, il était athée. Mon
père est décédé des suites de la silicose. Son corps fut incinéré et ses
cendres dispersées sur la pelouse du crématorium sans autre cérémonie.
Ma mère Sylvana Giustiniani (1922-2008), fille du Marquis Giustiniani était
comptable de formation. Je ne l'ai que très peu entendu parler de sa mère,
mais bien de "Dada" qui fut leur gouvernante et
nourrice,...Visiblement, elle n'avait pas de contact affectif avec sa maman. Son
papa qui était un homme bon et affectueux est décédé lorsqu'elle avait une
dizaine d'années. Bien qu'ils étaient désargentés, le fond d'aide de la
Famille Giustiniani leur versait de quoi avoir une gouvernante, se nourrir, se
loger et éduquer les enfants. En Belgique, elle a assisté et souvent remplacé
mon père dans le magasin photos de Monceau-sur-Sambre, sur la Place Albert 1er
jusqu'en 1974. C'était une "Mama" italienne, nourricière et
protectrice. Lors de leurs visites, mes amis étaient appelés
"chéris". Elle n'a jamais voulu quitter l'Italie, elle a suivi mon
père. Elle était intimement attachée à sa foi chrétienne sans pour autant
exclure les croyances des autres. Elle s'attachait spirituellement à des
personnes comme le Padre Pio ou encore Santa Rita. Elle a lourdement insisté
pour que je fasse ma communion "solennelle",...Mais ce fut un
problème car depuis ma première primaire j'avais, à ma demande, suivi le
cours de Morale,... J'ai vu ma mère devenir hystérique lorsque pour les
raisons précitées, le curé de Monceau-sur-Sambre annonça qu'il ne voulait
pas que je fasse ma communion,... chez lui. A 12 ans, j'ai dû me coltiner une
année de catéchisme tout en suivant mes cours de morale à l'école (étudiant
alors à l'Athénée de Gosselies), c'était plutôt surréaliste pour moi, mais
bon je faisais plaisir à ma mère,... A part cela, elle ne m'a jamais rien
imposé par la suite. Ma mère est morte de vieillesse, son corps fut
incinéré, elle eut droit à une "petite messe" et maintenant ses
cendres sont au cimetière de Monceau-sur-Sambre.
J'ai énormément de gratitude pour chacun d'eux ! Ils continuent à
résonner en moi.
L'Immigration
Mes parents, avec mon frère Joseph, sont venus d'Italie en 1947/1948, mon
père a d'abord rempli ses obligations d'immigré. En effet, les accords du
charbon entre la Belgique et l'Italie l'obligeaient à travailler 5 années dans
les mines. A leur arrivée en Belgique, ils furent "accueillis" dans
les baraquements en tôle qui avaient servi de camp de prisonniers pour les
Allemands durant la guerre. Après un certain temps, ils ont habité Piéton.
Mon père avait, dés son arrivée, installé un labo de fortune dans les
baraquements qui leur servaient de logement. Ils ont rapidement ouvert un
magasin photo à Piéton. Mon père me disait à ce propos que la commune était
tellement petite qu'en quelques années, il y avait ses photos dans toutes les
maisons. C'est la raison pour laquelle ils ont déménagé vers
Monceau-sur-Sambre, commune plus grande et habitée par une classe plus aisée
de citoyens à l'époque. Il travaillait volontiers comme correspondant pour des
journaux locaux comme le "Rappel" ou la "Nouvelle Gazette".
Très peu de personne connaissaient le métier de photographe comme lui. C'est
à la "Nouvelle Gazette" qu'il fut engagé en 1963, tout d'abord comme
collaborateur et ensuite comme journaliste en 1972, et où il a terminé sa
carrière jusqu'à sa pension. Il fut, semble-t-il, un des premiers étrangers
travaillant pour un organe de presse belge reconnu par le Ministère de
l'Intérieur dont dépendent les accréditations des journalistes.
L'Identité intime
La question de l'identité a toujours été centrale dans mes réflexions
personnelles. - "Qui sommes-nous vraiment ?"
De ce fait, la question de mes origines a toujours été naturellement
vivante en moi. J'ai gardé la nationalité italienne. Devenir Belge impliquait
que je "perde" la nationalité de mes parents car pour le gouvernement
italien, si vous optez volontairement pour une autre nationalité, cela
équivaut à "ne plus vouloir être Italien". Attaché à mon
"Italianité", je me sens belge au quotidien, j'attendrai néanmoins
l'identité européenne pour l'affirmer... Si cela voit le jour de mon vivant.
Je considère la Belgique comme un pays d'accueil tout à fait conforme à
l'idée que je me fais d'un pays démocratique, respectueux des gens, fort d'une
longue tradition de dialogues entre différentes communautés, capable de la
plus grande créativité. En effet, si l'on considère l'état comme une entité
humaine unique, il y a en Belgique une complémentarité indéniable entre
toutes les tendances culturelles des communautés qui la composent, je veux
parler des francophones, des néerlandophones et des germanophones. J'espère
que le bon sens permettra à nos politiciens de ne pas l'oublier au-delà des
pressions communautaires séparatistes et d'y voir une richesse plutôt qu'un
problème lié aux différences entre les communautés de ce pays, même si ces
séparatistes évoquent un pays "fabriqué", semble-t-il, il y a un
peu plus de 150 ans,... Mais, au fait, quel pays ne le fut pas à un moment ou
à un autre ? La Belgique n'aurait-elle pas là un rôle d'exemple à tenir pour
la construction européenne ? Je vois les politiciens bienveillants comme des
"bons parents". Leurs qualités humaines leur permettraient de
dépasser leurs frustrations personnelles au profit d'une "famille"
unie avec des enfants épanouis, responsables, libres et forts, capables de
s'émanciper et de poursuivre les grandes oeuvres qui les dépassent, celles-ci
souvent entamées de longue date par leurs pairs. Les responsables élus ou pas
de la Belgique ne devraient t'ils pas aller au-delà des
"frustrations" communautaires et individuelles,... pour un monde
meilleur ? Probablement que cela serait le mieux, malheureusement, je pense que
les politiques de nos états européens sont, aujourd'hui, fort influencés par
des lobbies de toutes sortes, plus ou moins puissants qui oeuvrent la plupart du
temps pour des minorités liées à la haute finance avec pour conséquence de
faire passer des comportements de basses politiques, détricotant des acquis
sociaux parfois obtenus par le sang.
Je pense que je suis un homme en réflexion, en questionnement, en devenir,
appréciant, quand ma conscience me le permet, chacune de mes actions comme une
expérience extraordinaire, celle de la vie. Généralement considérée comme
un acquis "éternel", je pense que c'est vraiment un cadeau
inestimable et précieux et certainement momentané. J'y déambule au gré de
mes limites, de mes erreurs, de mes frustrations, de mes échecs. J'essaye de
m'améliorer même un peu, même doucement car je sais que chaque pas que l'on
fait vers plus de respect, vers plus d'écoute, vers plus de présence dans la
vie, c'est la vie ! J'essaie de ne pas la galvauder.
Mon parcours "professionnel" m'a amené dans tous les cas à me
confronter, d'abord à moi-même, mais aussi aux limites humaines en général.
Croire qu'on détient La Vérité est un leurre produit de nos peurs. Bien que
mes pensées soient souvent teintées de grandes émotions, d'espoirs
universels, de croyances en la capacité de l'humain à s'accomplir, je reste,
et je le préfère ainsi, relativement angoissé car mes angoisses me tiennent
un peu éveillé, attentif, fragile. Dans ce monde créé aujourd'hui par
l'histoire des humains, j'ai appris à penser mes sentiments car sans cela
j'étais, comme ce fut le cas plus jeune et plus tard aussi d'ailleurs, à la
merci de la "violence contemporaine", la vie quoi ! Je pense que
chaque époque connaît des changements à ce propos. Ici, maintenant, je pense
que le monde est dominé par l'intellect. A tel point que je vois même des
idées présentées comme des sentiments,... Et Alors ? Pourquoi faire pareil ?
Comment participer, avec d'autres, à inventer le monde que l'on souhaite pour
soi-même, que l'on rêve pour nos enfants, que l'on voit chaque matin en
s'éveillant ?
Je sais que chacun participe à faire le monde (volontairement ou pas), un
peu comme on fait une peinture, chaque instant individuel résonnant dans le
temps et dans l'espace comme les touches (pixels) d'une fresque colossale. Faire
une peinture c'est réaliser une vision, c'est la matérialiser. Pour moi, la
peinture dépasse l'image, elle va plus loin, que la représentation des
choses... A ce propos, voici une expérience personnelle et subjective que j'ai
faite : Je visitais le Louvre lorsque j'ai été attiré par "Le
Philosophe", peinture de +/- 24/30 cm réalisée par Rembrandt. Forçant le
regard, prenant le temps d'être là, j'ai eu le sentiment d'une connexion
directe avec Rembrandt. Evidemment il ne me parlait pas, ce que je veux dire,
c'est que ce fut comme si son esprit, véhiculé par sa peinture entrait en
contact avec mon esprit de spectateur au moment, différent du sien, où j'ai
croisé son oeuvre. Cette peinture n'est pas une "simple image",
allez-la voir à l'occasion,...prenez le temps de l'écouter,... peut-être que
vous partagerez la même expérience que moi. Cette peinture est un symbole
comprenant des notions complexes à propos de notre nature humaine, elle résume
l'"état d'Homme". Je considère cette expérience personnelle comme
étant propre à ma nature humaine,... mais bon, il faut être disponible pour
cela, à l'instar du coureur qui fait un marathon, il faut quand même un peu
s'entraîner même si on sait naturellement courir. Le métier de peintre aide
à Voir, un peu plus. Il faut juste apprendre à "laisser la place" à
ce type d'échange. Je considère cette expérience au même titre que lorsqu'on
découvre la foudre avec l'orage ou la vapeur lorsque l'eau passe les 100°,...
Pour moi, c'est pas plus magique ! Comme on peut qualifier les premières
expériences de scientifiques, celle décrite ci-avant est humaine et par nature
intime mais elle peut résonner chez mes frères humains, je le pense !
"E²Oh !"
Pourquoi ai-je appelé mon entreprise personnelle "E²Oh !" ?
Tout d'abord, je veux affirmer mon Italianité en lui donnant un exposant
(Ermanno - prénom de mon grand-père choisi par mes parents à ma naissance)
tout en acceptant volontiers ma Belgitude (Herman - prénom qui nous fut imposé
par les règles administratives de l'époque - 1962). L'expression contient pour
moi différentes notions comme l'étonnement (ého!), de la communication
(échos), de la rigueur (h2o) et de la créativité. Ce sont certains de mes
piliers, mes valeurs professionnelles ainsi que les valeurs humaines auxquelles
je crois. Mon métier, c'est ma vie !
Ermanno Orselli - mars 2010.
e.orselli@swing.be
|