Les poèmes entretiennent la paix 5

Les poèmes qui entretiennent la paix 5

Un poème par char

initiative de Benoist Magnat et de l’association « Groupe du 32 Octobre »

 

ENFANT- SOLDAT

Trois cent mille et un et un,...enfants soldats
égarés dans la guerre ;
Trois cent mille et un, et un et un....
enfants soldats perdus sur cette terre.

Mille enfants et trois cent mille et un
soldats plantés dans ces pays
roseaux dans le sable mouvant
pour quelle lune, par quel envoûtement ?

Cœurs d'enfants saignent, saignent
et coulent puis ruissellent
les larmes de la colère
chœurs des mères brisées hurlent,
hurlent la misère.

Mille et mille et un enfants soldats
dans ce jardin de l'Univers
échappés comme un essaim
font étape en Enfer

Marchandises sur la Planète
des milliers d'enfants attendent incertains
leurs regards nous regardent
égarés sur le chemin.

Cinquante millions et un..... et un...
enfants questionnent
leurs yeux nous interrogent
où sont les fruits du jardin d'Eden ?

et les étoiles le répètent
à tous les Hommes de ce Monde
Comme une pluie d'étoiles
dans les yeux d'un enfant ...
étincelles dans l'Univers.

Ozoir la ferrière le 20 novembre 1998

Nicolle Ragot

 

Un ROI NU

Pareil à ce Roi Nu qui traverse la ville,
paré de tous ses rêves
un enfant,
ceinturé de bombes
auréolé d’artifice,

Un Roi Nu

habillé d’illusions,
revêtu de néant,
endosse l’avenir des Hommes.

Et l’enfant nu pénètre le mur de toutes les hontes.
Innocent de son meurtre
il s’offre en souriant :
sous le regard du monde
implose dans le vent.

nicolle ragot in « ici ou ailleurs»

 

C’est le dernier tango de l’Irak
C’est le dernier tango de l’Irak c’est la nouvelle tempête du désert
c’est le regard arrêté sur la TV
c’est le marécage politique aux grenouilles coassant
c’est le pétrole aux prix qui augmentent
c’est la mort des civils sous le tapis des bombes
c’est les réfugiés à la frontière du monde
c’est le pied avant arrière de la guerre qui s’en va faucher

C’est le dernier discours de Saddam à la radio
c’est Bush recouvrant le désert d’odeurs immondes
c’est l’uranium enrichi de nos recherches militaires
c’est la moutarde qui nous monte au nez
c’est l’inondation chimique de nos phantasmes
c’est l’émigré à moitié nu à qui l’on offre un masque à gaz
c’est le regard abattu en plein vol
c’est le pied avant arrière de la guerre qui dérange

C’est le refrain de Jacques Prévert « Quelle connerie la guerre »
c’est la rue qui s’embrase en plein hiver
c’est la gauche serrant la main aux fantômes
c’est la majorité silencieuse au racisme rampant
c’est le prochain feu que l’on peut allumer avec une brindille
c’est le pétrole qui coule dans nos veines
c’est les combines entre Européens
c’est le pied avant arrière de la guerre qui s’en vient

C’est le dernier tango de l’Irak
c’est le couteau des soldats américains en visite dans leur ventre
c’est les prix Nobel de la Paix qui regardent ailleurs
c’est l’argent encore plus fort que l’ONU
c’est le rire nerveux de l’armée bien nourrie
c’est la manif du désespoir « Donnez-nous la Paix »
c’est les futurs territoires occupés assassinés
c’est le pied avant arrière de la guerre

Et nous Européens, nous buvons toujours du petit lait
en dansant la Java

Benoist Magnat

 

jeudi 30 janvier 2003, 18h44

Washington se méfie des poètes pacifistes

 

NEW YORK (AP) - La Maison Blanche a annulé un colloque de poésie

auquel certains participants avaient l'intention d'exprimer leur

opposition à une guerre en Irak, par leur apparence vestimentaire

-une écharpe blanche par exemple- ou des poèmes pacifistes.

La réunion sur les oeuvres d'Emily Dickinson, Langston Hughes et Walt

Whitman était prévue pour le 12 février. Aucune nouvelle date n'a été

annoncée.

"Mme Bush respecte le droit de tous les Américains à exprimer leurs

opinions, certes, mais elle aussi a des opinions et elle estime qu'il

serait déplacé de transformer un événement littéraire en forum

politique", a fait savoir mercredi Noelia Rodriguez, porte-parole de

l'épouse du président George Bush, Laura.

Mme Bush, ancienne bibliothécaire, a organisé plusieurs colloques à

la Maison Blanche en l'honneur des auteurs américains. Ces salons

littéraires sont généralement le lieu de grandes discussions sur la

littérature et son impact social. AP

envoi de Natacha