Léopold Plomteux (1920- ) - Artiste Peintre
Portrait d'artiste
Léopold Plomteux (1920 - 2008)
Introduction par Serge Goyens de Heusch - Docteur en Histoire de l'art -
(mai 2000)
Leopold Plomteux. Quand la peinture se fait poésie.
Léopold Plomteux appartient à cette génération du XX ème siècle qui
vécut en l'espace d'une vie d'artiste la transition la plus exceptionnelle qui
soit, elle qui le mena d'une figuration traditionnelle vers d'exaltantes
expériences de type abstrait. Dans les années qui suivirent la dernière
guerre, il n'est pas étonnant qu'une inquiétude métaphysique tarauda de
jeunes plasticiens comme Plomteux, eux qui aspiraient à s'évader du cadre par
trop restreint d'un certain objectivisme figuratif tel qu'on l'enseignait alors
dans les écoles d'art. Pour les plus curieux et les plus courageux d'entre eux,
il s'agissait à présent d'obéir aux nécessités d'un changement
psychologique et de s'élancer à la recherche des voies organiques d'une
peinture qui obéirait plus volontiers à la subjectivité du créateur.
L'indépendance des couleurs et des formes vis-à-vis de la réalité les
conduisit alors soit vers un jeu de plans géométriques, soit vers un lyrisme
du geste de nature tachiste.
Rien d'étonnant que muni d'un bagage technique parfaitement maîtrisé dans
ses figurations de jeunesse, soucieux aussi de découvrir de nouvelles voies
plastiques notamment grâce aux expositions liégeoises de l'APIAW, Léopold
Plomteux, à l'instar de ses compagnons d'arme Jean Rets et Georges Collignon,
s'engagea dans une peinture dont l'expression ne résidait plus dans le thème
représenté ou dans ses intentions descriptives et sentimentales, mais
seulement dans les rapports réciproques entre matière, formes et couleurs, de
même que dans la disposition inventive de la composition. Léopold Plomteux
éprouva cette aventure comme une émancipation esthétique, mais aussi comme le
moyen, ainsi qu'il l'avoua lui-même, de " retrouver ses sens ".
L'artiste chercha d'abord à traduire une réalité intérieure par le biais
d'une accumulation de petits plans de couleur ordonnés en un réseau de lignes
rythmiques ; c'est du reste ce qu'on pouvait également observer chez plusieurs
membres de la Jeune Peinture Belge , une association bruxelloise de peintres qui
se constitua en 1945 au même moment que l'APIAW à Liège. La participation de
l'artiste au groupe Réalité-CoBrA, puis au groupe national Art Abstrait lancé
en 1952 par Jo Delahaut et Jean Milo, le sauva de la marginalité et accrut son
désir d'explorer tous les arcanes des nouveaux langages non figuratifs.
L'aspect expérimental inhérent à sa nature poussa l'artiste à la fin des
années 50 vers un langage abstrait de nature plus lyrique. A présent,
l'abolition de toute structure géométrique s'associait à la quête
d'énergies primordiales ; la liberté jaillissante du geste obéissait aux
impulsions de la vie inconsciente. En une calligraphie souple et nerveuse, les
touches de couleurs contrastées obéissaient à des grands rythmes plastiques
comme emportés pat le vent. Au cours des décennies suivantes, Léopold
Plomteux n'hésita guère à alterner " le style " et " le cri
", pour reprendre ici les termes de Michel Seuphor, privilégiant tantôt
la construction et la géométrie plane, tantôt l'expression plus spontanée
d'un tachisme haut en couleur. Comme le constate l'artiste lui-même, "
cela créa chez moi des périodes bien distinctes, soit au service de la forme,
soit au service de la couleur, en m'arrangeant avec ma personnalité. Celle-ci
s'exprimait tantôt par l'affectivité et la sensibilité pour les périodes
couleurs, tantôt plus mentale et spirituelle pour les périodes formelles
".
Dans la conduite de son œuvre, on le voit, Léopold Plomteux n'eut de cesse
de préserver en lui une totale indépendance d'esprit et d'action, refusant le
dilemme " géométrique-lyrique " qui n'envenima que trop la famille
abstraite d'après-guerre. Guidé en priorité par une sincérité totale de
l'émotion, l'artiste mena son cheminement plastique en poète, qu'il est du
reste, n'hésitant jamais à se soumettre au difficile dialogue, pour lui
toujours fascinant, entre forme et couleur. Aujourd'hui l'un des derniers
témoins de cette grande aventure de l'abstraction d'après-guerre, Léopold
Plomteux doit être considéré comme l'un des peintres liégeois les plus
inspirés de cette génération qui se voua avec passion au renouvellement
radical des expressions picturales du XX ème siècle.
(PLOMTEUX, La Châtaigneraie, juin 2000)
Présentation de Léopold Plomteux
Léopold Plomteux naît en 1920 dans un contexte familial assez particulier
puisque ce dernier favorise les vocations de peintres.
Dès la fin de son enfance, Léopold sait qu'il sera peintre & rien que
peintre.
A 16ans, il suit des cours du soir à l'Institut Saint-Luc (Liège). Il y trouve
un enseignement de qualité. En dehors de l'école, il continue à peindre pour
son propre compte et évolue, petit à petit, vers une peinture plus imaginaire.
Ses recherches picturales seront interrompues par son service militaire qui
commence avec la deuxième guerre mondiale.Il trouve la guerre détestable et
lui voue un profond mépris. Métamorphosé par l'expérience de la guerre au
front,il s'écrie ;
" J'm'attends à tout pour dans vingt ans. J'sais qu'la peinture, c'est la
crève assurée, mais j'm'en fous. J'tiens à m'réaliser. Après tout, on
m'avait aguerri sous le pseudonyme " 288404 " et j'pouvais pas
connaître pire avec ma peinture qu'la vie que l'on m'avait fait endurer.On
m'avait fait jouer les héros à la con. Maintenant, il s'agissait d'en être un
et pas con du tout. "
Fin de l'été 1940, Léopold rentre à Liège où il trouve du travail dans la
retouche photographique.
José Picon (qu'il compara à la Georges Sand de la vie intellectuelle
liégeoise) l'introduit dans le milieu artistique liégeois et, surtout, à
l'Académie des Beaux-Art.
C'est donc en octobre 1940 qu'il commence un cycle de six ans où il a comme
professeur un des maîtres de l'époque : Auguste Mambour qui lui offre un
apprentissage très classique.
L'âge et l'enfermement par la guerre l'amène vite à vivre intensément ses
réalités intérieures ; les conditions générales, le contact avec les autres
et la volonté de savoir favorisaient un dynamisme intellectuel stimulant.
En 1943, il expose pour la première fois mais sa manifestation artistique
primordiale a lieu en septembre 1946. La critique rend largement compte de cette
exposition.
L'artiste se concentre de plus en plus sur un souci de construction qui va
l'amener à se poser la question de la nécessité de la place du sujet en
peinture.
A force d'expérimentations, d'interrogations et d'apurements successifs, la
peinture de Léopold se trouve confrontée avec l'abstraction.
Avec Collignon, Léopold fait des recherches d'expression nouvelles en utilisant
des personnages à la forme inventée. Se basant sur la peinture cubiste du
point de vue de la construction, ils tentent de supprimer la figuration et
gardant l'organisation construite de l'oeuvre, réalisant ainsi les premières
peintures abstraites.
- " Par une sorte d'expressionnisme intellectuel, je me libère de la
forme-voulue et, en même temps, de la contrainte de la peinture valoriste pour
la couleur à l'état pur. "Leopold Plomteux
En 1947, la conquête de cette nouvelle conception plastique et la rencontre de
récents compagnons de recherche permet la fondation du premier groupe d'art
abstrait belge : Réalité. L'alliance artistique est formé de 6 peintres
belges dont Léopold Plomteux. Ce fut la première organisation d'après-guerre,
en Belgique, à se constituer pour défendre et propager l'art abstrait.
Réalité s'alliera très vite au mouvement artistique CoBrA mais en 1952, miné
par d'irrémédiables dissensions internes, le groupe ne peut plus exister.
Néanmoins, par l'intermédiaire de certains de ses membres, la mission de
défense et de diffusion de l'art abstrait allait se continuer et s'amplifier
dans le groupe Art Abstrait qui était en train de se fonder à Bruxelles. En
quelque sorte, Art Abstrait, qui exposera plus tard à travers l'Europe et en
Afrique, fut le fer de lance qui affirma une réelle révolution picturale.
C'est au sein de cette ultime association artistique que Léopold, membre de
l'A.P.I.A.W., alors âgé de 32 ans, détermine pleinement sa technique
picturale.
A 33ans, il devient Boursier du Gouvernement français.
Vers 1955, des conceptions divergentes menacent la cohésion, sinon la survie,
du groupe.
C'est finalement l'opposition entre abstraction géométrique & lyrique qui
conduit le groupe à sa fin après quatre années de collaboration.
A l'étranger, dans les années 1960, il expose dans de prestigieuses villes
telles que Naples, New York, Los Angeles, etc.
Le milieu artistique est en pleine effervescence. 1968 approche.
Dès la fin de 1968, le peintre fonde, avec Freddy Beunckens, l'atelier
d'expression libre de Flémalle. Il est encouragé dans sa démarche par André
Cools, à ce moment-là Bourgmestre de la localité.
Durant les années'70, il continue d'exposer principalement en Belgique.
Il se consacre également d'avantage à la poésie et l'écriture.
En 1983, l'artiste est désigné comme administrateur-délégué du C.W.A.C.
(Centre Contemporain d'Art Wallon) que Léopold venait juste de créer.
Il sera également nommé, par le roi, chevalier de l'Ordre de Léopold.
Enfin, André Cools lui remet la médaille de l'administration communale à
l'occasion de l'exposition du 15ème anniversaire de l'atelier d'expression
libre.
En 1984, il est nommé membre de la commission des art plastiques au ministère
de la communauté française.
Le temps passe, Léopold continue à peindre et à exposer. Cela dure depuis
plus de 50 ans. Et il peint avec une vivacité, une invention plastique, une
allégresse imaginative sur lesquelles l'âge n'a pas de prise.
(source)
Léopold Plomteux vu par …
Jo Delahaut - Peintre & ami de Léopold (1979)
Enfin un homme libre !
C'est ainsi qu'il faut aborder l'art et la personne de Plomteux. Lorsque je le
vois s'avancer, légèrement souriant, appuyé sur une canne noire qui donne à
sa démarche l'allure énigmatique mais assurée de ceux qui viennent de loin,
je sais que j'ai devant moi un homme véritable, chargé d'une longue
expérience de vie et d'aventures qui lui ont forgés une philosophie
personnelle en marge des normes habituelles. (…)
Comment lui, le parfait étudiant de l'académie des Beaux-Arts de Liège,
l'élève de Mambour, était-il arrivé à se dégager de toutes les routines,
de toute la syntaxe traditionnelle, pour s'engager dans les voies périlleuses
parce qu'inexplorées, de l'abstraction ?
Mais là, aussi, allaient se révéler son goût et son besoin de libre arbitre.
Allant des formes géométriques aux taches colorées, de la peinture froide à
la peinture lyrique, il a évolué selon ses exigences spirituelles : aucune
mode ne l'a contraint, aucune chapelle ne l'a enfermé. Et comme il a le sens de
la plastique et une grande faculté d'invention, seul, sans maître et sans
disciple, il poursuit à son rythme une œuvre qui sera à son image.
(PLOMTEUX, La Châtaigneraie, juin 2000)
Marc Renwart - Historien de l'art - (mai 2000)
Quelles que soient les sensations éprouvées au contact de son œuvre, il
faut reconnaître tout ce que l'on doit à Léopold ; il a été tout au long de
son existence -pour le pays de Liège- un garant de l'aperception, un maître à
réfléchir la pratique artistique, une évidence d'artiste, une interpellation,
une conscience ; il sera notre mémoire, notre patrimoine, une image de notre
être au monde.
Fidélité à ses rêves, à ses 20 ans, à la peinture
Confiance en sa sensation, en ses intuitions, en sa nécessité
Constance dans son choix, dans son expérimentation, dans son expression.
Etonnement, éblouissement, illumination
Liberté, disponibilité, indépendance
Réalisation du/d'un soi
Pour ma part, s'il ne m'a pas appris l'histoire de l'art, il m'a appris à être
historien d'art ; à vivre l'œuvre pour ce qu'elle est et pas pour ce qu'on
voudrait qu'elle soit ; à oser m'investir dans une quête infinie, pleine de
chaos et de fureurs, de couleur et de tons, de musique et de rêves, de silence
et de découvertes, de méditation et d'engagements, de joie et de rires,
d'innocence et de profondeurs, de métaphysique et de résonances, d'espérance
et de doutes, de disponibilité et de frustrations, d'immensité et de
petitesses, d'absolu et d'absurdités ; à persévérer malgré découragements
et solitude ; à ne pas me laisser submerger par un sentiment d'inutile ; à
continuer de croire à l'incroyable.
C'est, entre autres, lui qui m'a permis de saisir que pour le peintre, il s'agit
de " réaliser sa petite sensation ", " saisir la virginité du
monde " et " risquer sa vie à chaque touche " - comme le disait
Cézanne - ; lui qui m'a fait comprendre que si, pour le regardeur, il s'agit de
se (re)connaître, … pour le voyeur de se laisser transformer … le voyant,
pour sa part, se retrouvait en transcendance ; lui qui m'a démontré combien
l'artiste a cet extraordinaire pouvoir de nous rendre à notre devenir, et ainsi
recouvrer la dignité perdue ; lui qui a fait plus grand ce à quoi ma destinée
pouvait prétendre ; lui qui m aide à me maintenir dans l'essentialité de
l'être.
Il est l'autre … compatissant, généreux, chaleureux ; celui qu'on n'aurait
pas pu inventer et qui, pourtant, nous est indispensable ; l'inattendu espéré
; la réellité du monde.
Assurément un des élaborateurs du/des rythme(s) de l'âme.
( PLOMTEUX, La Châtaigneraie, juin 2000)
Francis Tessa - Ecrivain /poète - (1984)
Approcher Léopold Plomteux, c'est rencontrer l'enthousiasme.
Un enthousiasme contagieux. Pour l'art d'avant-garde. (Mais n'est-ce pas
contradictoire d'associer ces deux mots ?). Une avant-garde entendue comme la
concrétisation et la synthèse de l'héritage de l'art tout entier depuis
Lascaux, en passant par la Renaissance jusqu'aux cubistes, pour en arriver à
l'art abstrait (encore un adjectif injuste !).
Léopold Plomteux, c'est aussi plus que l'enthousiasme. Sous les dehors d'un
homme sûr de lui, une interrogation permanente le caractérise.
Car il a conscience et il connaît merveilleusement bien les grands problèmes
de l'art et ses rapports avec le public. Léopold est un homme de contacts et de
communication. Avec lui, l'art est forcément révolutionnaire.
Son œuvre, parfaitement intégrée dans la lignée des grands peintres de notre
temps est une perpétuelle remise en question de soi. Léopold continue à
chercher. Car il en est ainsi de tous les peintres authentiques et libres.
Ses tableaux sont marqués de l'empreinte du cosmique : il déconstruit et
refait la matière, désintègre les formes et les restitue, avec son énorme
sensibilité ; il est le maître qui officie, à chaque fois plus engagé dans
cet acte de subversion que constitue l'œuvre à créer. C'est un art qui doit
être intérieur avant tout. Voyager à travers soi-même, il se recrée à
chaque fois, tout autant qu'il construit des galaxies et de l'univers, et qu'il
les fixe pour notre plaisir et notre infirmité. En cela, il nous aide dans la
connaissance.
Le langage qu'il utilise est une langue sans image qui doit être comprise avant
tout comme acte libérateur. Ne part-il pas du néant le plus absolu ? (ou de
notre nous-mêmes), pour arriver au fini qu'il nous donne à voir, et sur lequel
nous pouvons, à notre tour, coller notre propre voyage et notre propre
interrogation.
Léopold Plomteux est un sujet inépuisable. Le rencontrer, c'est aussi être
immanquablement saisi de sa richesse d'homme-artiste, c'est connaître ce ton
foisonnant et bien à lui. Personnellement, je lui dois quelques modifications
d'idées sur l'art, je lui dois aussi un ressourcement continu dans l'action
culturelle.
Aujourd'hui, de sa demeure de l'avenue du Fort, on épie la vallée
flémalloise. Je ne sais quelle influence ce paysage peut avoir sur son œuvre.
Cela importe peu. Mais je sais son attachement à ce lieu et à ses gens. Cela
me semble important à dire, une rétrospective de son œuvre. Une concrétisation
de Plomteux est aussi une affaire flémalloise de toute première importance.
( PLOMTEUX, La Châtaigneraie, juin 2000)
François Jacqmin - Poète & ami de Léopold - (1989)
[…]
La peinture non-figurative est une manière extatique de reconstruire
l'évidence intérieure. L'illumination plastique se fait là où rien n'est
imposé par l'anecdote.
Elle n'est pas encombrée par les réminiscences du signe. La forme obéit à
son propre destin, et la couleur n'est pas enchaînée à une symbolique
latente. Il est hors de question d'aboutir à une signification que le verbe
prendrait en compte. Léopold Plomteux ne s'applique pas à convertir la syntaxe
en une attitude plastique. Aucune de ses toiles n'est un idéogramme agrandi.
Autrement dit, sa peinture n'est pas une alternative : elle est peinture dans sa
substance et dans son essence.
Léopold Plomteux construit et déconstruit selon un rythme qui est davantage
une manière de vivre qu'une manière de voir. Faut-il le dire, ce peintre est
aussi et avant tout un homme pour qui la vie n'est pas une théorie, mais une
réalité physique dense et féconde. Sa peinture traduit cet enchevêtrement de
sentiments et de sensations corporelles et spirituelles qui garantissent l'art
du vent esthétique.
( PLOMTEUX, La Châtaigneraie, juin 2000)
Henry Certigny - Ami & poète liégeois
Le suivre, c'est une aventure qui se renouvelle, c'est un monde chaque fois
nouveau et s'il s'échappe, on a qu'à se plier : l'œil est là, qui, malgré
tout, se laisse charmer par ses visions puisqu'il touche le plus souvent au
merveilleux. Plomteux fait a fui la terre, il ne pouvait y vivre. On ne le voit
sourire que le pinceau à la main : le reste n'existe pas. Il s'est créé un
monde où l'on apprend pas à vivre mais où l'on vit, dans la plénitude de son
moi et de ses aspirations, entre Dieu et les hommes.
(Léopold Plomteux - un maître de la peinture abstraite, Joseph Philippe,
Crédit Communal & La Châtaigneraie, 1992.)
REFLEXIONS de Léopold Plomteux ...
Le regard…
" Je crois bien que je ne regarde, avec les yeux, que la peinture et que
c'est elle seule que je peux contempler. "
" Le ciel, les étoiles, je ne les regarde jamais ; je les vois de
l'intérieur. Tout ce que je vis, c'est de l'intérieur. L'eau, la terre, les
vagues, le vent, les tempêtes…je ne sais leur existence que de l'intérieur.
Tout ce qui se passe sur terre se passe en moi, comme si tout l'univers faisait
partie de mon corps. Pour voir les choses, je dois regarder à l'intérieur et
ne les perçois qu'en pensée, en sensation. "
" Je ne vois jamais qu'en rêve. "
Etre…
" Etre ou ne pas être, vous avez le choix. Choisissez bien. "
" Dis-moi qui tu es, je saurais peut-être te dire qui je suis. "
" Il faut être drôlement rationaliste pour être convaincu d'exister.
"
Le doute
" Créer, peindre, c'est aux antipodes de la foi ; c'est le doute suprême.
"
" Faire une œuvre, c'est parfois s'anéantir dans le doute. "
" Je ne crois qu'en ce dont je doute car c'est le doute qui me pousse à la
réflexion. "
La création
" On crée par intuition, le raisonnement vient après. "
" Réaliser une idée, c'est lui donner un corps dans l'existence. "
" Les pleins pouvoirs sont dans la création. Tout sort du néant. "
" Le monde des idées créatrices est réfléchi et pondéré ; c'est un
monde d'équilibre et de mesure.
Finalement la passion créatrice n'est qu'un désir d'idéal supérieur, plus
raisonnable que passionnel. "
L'art
" L'art dit tout, même ce qui ne peut se dire et encore davantage ce qui
ne peut s'expliquer. "
" Tout art est tabou et le culte qu'on lui porte est un sphinx qui vous
interroge. "
" Tout art est une déchirure. "
" Si les arts disparaissent du monde, plus aucun homme ne sera libre.
"
Les artistes
" L'artiste vient de nulle part mais il va partout. "
" J'ai entendu dire que les artistes sont les architectes du ciel. Cette
définition me plaît ; j'ai toujours pensé, ne vous déplaise, que j'étais un
archange. "
" Nous vivons dans un monde de sourds et d'aveugles. L'artiste a cet
avantage de voir ce qu'il entend et d'entendre ce qu'il voit. "
" Pour créer, les artistes ont besoin d'être aimés ; c'est leur unique
faiblesse. "
L'œuvre
" Il faut se sentir moins que son œuvre. "
" Je pense que la compréhensions absolue d'une œuvre échappe…même à
celui qui l'exécute. "
" Il faut laisser à la nature sa beauté. N'y touchez pas ; vous n'en
feriez jamais une œuvre d'art en la copiant.
L'œuvre d'art est d'une autre nature. Sa beauté vient de l'âme, de nos
richesses intérieures, de notre volonté d'être. "
La peinture
" Toute la peinture est dans le subconscient. Peindre, c'est la faire
sortir. "
" Ne félicitez pas l'artiste pour son œuvre. Il n'y est pour rien. Le
tableau se fait tout seul ; le peintre n'en est que le souffle. "
" La peinture m'apprend toujours l'inexplicable. "
" La peinture est un langage du silence. "
" Quand je peins, je me dépeins. "
suite p.29 (note pour continuer)
(Léopold Plomteux par Marc Renwart, Edition Pierre Lesire,1992)
BIOGRAPHIE de Léopold Plomteux
1920 : Naissance le 22 janvier à Flémalle (Liège).
1936-1940 : Etudes artistiques à l'Institut St-Luc, Liège.
1940-1946 : Etudes à l'Académie Royale des Beaux-Arts de Liège. Section
:peinture monumentale.
1947-1948 : Il se consacre à ses recherches " non-figuratives,
non-objectives ". Dès lors, il ne cessera d'explorer les voies de la
peinture abstraite.
1948-1952 : Création de Réalité, le premier groupe d'art abstrait en
Belgique. Ce groupe, est composé des 6 peintres belges.
1950-1959 : Léopold Plomteux est distingué à la Jeune peinture belge.
1952-1956 : Création du groupe Art Abstrait dont le but était de défendre
l'esthétique de la peinture " non-figurative, non-objective ".
1952-1953 : Léopold fut nommé Boursier du Gouvernement français à Paris.
1953-1954 : Directeur culturel à L'Europa-Hans en Allemagne (important
mouvement culturel européen).
Années '50 : Sa carrière débute sur le plan international.
A Paris, il rencontre et fréquente beaucoup d'artistes.
Il expose seul ou en groupe dans plusieurs villes d'Europe , d'Afrique et
d'Amérique.
1968 : Création de l'atelier d'expression libre de Flémalle.
1979 : Création du C.W.A.C. (Centre Wallon d'Art Contemporain de la Communauté
française de Belgique) situé à Flémalle.
1984-1988 : Il est nommé membre à la commission consultative des arts
plastiques de la Communauté française de Belgique.
1986 : Nommé par le roi chevalier de l'Ordre de Léopold.
(PLOMTEUX, La Châtaigneraie & C.W.A.C, juin 2000)
(...)
Juin 2008 : Décès de Léopold Plomteux chez lui, à Flémalle.
BIBLIOGRAPHIE de Léopold Plomteux.
Ecrits, notes, discours, interviews de l'artiste
Romans
Le 288.404 ou les mémoires du soldat inconnu, mémoires,1973, inédit.
Une vie de chien dans un monde de folie, mémoires, 1973, inédit.
Fumée sans feu, mémoires, 1995, inédit.
Une nuit fantastique,La crise, nouvelles in Oréjona n°4, 1972.
Poésies
Brebis astrales, poèmes, éd. Max Arnold, 1946.
Elégies pour Anne, poèmes,éd. L' Arbre à Paroles, 1984.
Ecume des ondes, poèmes, éd. Maison de la poésie, 1999.
Réflexions
Fragments sur l'art abstrait in La Penne, Liège, écrit en 1950 publié en
1951-52.
Essais sur l'art abstrait in Oréjona n°4, Liège, 1972.
Réflexions sur l'art abstrait in Périodique du Foyer culturel, Flémalle,
1982.
Carnets de notes, 1984-1989, publication partielle in Léopold Plomteux par Marc
Renwart, éd. Lesire, Liège, 1992.
Interviews
Interview de Pierre Roller in l'Essai, Liège, 1962.
Interview par Jacques-Louis Nyst, 1972, inédite.
Interview de Jean-Pierre Rouge in Agenda n°15, Liège, 1982.
Interview par Marc Renwart, 1983.
Monographies
LEOPOLD PLOMTEUX - cinquante-cinq ans de peinture, cinquante-cinq ans de
réflexion sur l'art <1937-1992>, Marc Renwart, éd. Lesire, Liège, 1992.
LEOPOLD PLOMTEUX - Un maître de la peinture abstraite, Joseph Philippe, éd.
Crédit communal, Communauté française de Belgique, Perron, Centre wallon
d'art contemporain, Liège, 1992.
Dictionnaires, ouvrages généraux, catalogues…dans lesquelles Léopold
est cité.
Dictionnaires
Annuaire international des Beaux-Arts.
Annuaire belge des Beaux-Arts.
Annuaire des Beaux-Arts de Wallonie, Robert Scheffer, éd. Biblio, Liège, 1960.
Annuaire administratif et judiciaire de Belgique, éd. E. Bruylant, 1987.
Dictionnaire de l'art abstrait, Michel Seuphor, éd. Hazan, Paris, 1957.
Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs, graveurs… de Bénézit,
éd. Gründ, 1976.
Dictionnaire de Knaur, (All.).
Dictionnaire des artistes belges, éd. Arto, 1978.
Dictionnaire des Belges, éd. Legrain, Bxl, 1981.
Dictionnary of abstract painting, éd. Methuen, Londres.
Dictionnaire biographique illustré des artistes en Belgique depuis 1830,
éd. Arto, Bxl, 1995.
Dictionnaire des peintres belges du 14è Siècle à nos jours, éd. La
Renaissance du Livre, 3 volumes, Bxl, 1995, notice Gaëtane Warzée.
Ouvrages d'art
La peinture au Pays de Liège, L. Koenig, éd. A.P.I.A.W., Liège, 1951.
Premier bilan de l'art actuel, divers collaborateurs, éd. Le Soleil Noir,
Paris, 1953.
La peinture contemporaine en Belgique, M. Bilcke et collaborateurs, Bxl, 1954.
Pittura Belga comtemporanea, catalogue d'exposition au Palazzo della Permanente,
Milan, 1954.
Œuvres d'art acquises par l'état en 1957, catalogue, Palais des Beaux-arts de
Bxl, n°92.
L'art contemporain en Belgique, J. Walravens et collaborateurs, éd. Hélios,
Anvers, 1961.
La peinture abstraite en Flandres, Michel Seuphor et collaborateurs, éd.
Arcade, Bxl, 1963.
Abstraits wallons, catalogue de l'exposition itinérante, Liège, Charleroi,
Gand, Nice et Lyon, 1964.
125è anniversaire de l'académie royale des beaux-arts de Liège, catalogue,
Musée de l'art wallon, 1964.
La Belgique sauvage, J. Noiret, Phantomas- CoBrA, Bxl, 1971.
L'art vivant en Belgique, M. Eemans, éd. Meddens, Bxl, 1972.
La jeune peinture belge, Ph. Mertens, éd. Laconti, Bxl, 1975.
Actuel XX, J. Parisse, éd. Mardaga, Liège, 1975.
Le groupe art abstrait <1952-1956>, R. Rousseau, L. Koenig, catalogue des
expositions à Charleroi, à Liège, 1977.
Wallonie, le pays et les hommes, L. Koenig, éd. La Renaissance du Livre, tome
V, Bxl, 1977-81.
L'art a la parole, J. Parisse, éd. Mardaga, Liège, 1978.
Etat présent 80. Les prolongements de l'abstraction, catalogue, Liège, 1980.
Jo Delahaut, Baron Roberts-Jones, catalogue, Musées Royaux des
Beaux-Arts, Bxl, 1982.
Réalité-CoBrA, Marc Renwart, catalogue de la commémoration du groupe, éd. La
Châtaigneraie, Flémalle, 1982.
LEOPOLD PLOMTEUX, un maître qui honore la Belgique, J. Philippe, in Beauté
Magazine n°66, Liège, 2è trim.1983.
Portraits, G. Thiry, éd. Yellow Now, Liège, 1983.
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Un siècle de peinture wallonne de Félicien Rops à Paul Delvaux, Paul Caso,
éd. Rossel, Bxl, 1984.
LEOPOLD PLOMTEUX, Marc Renwart, Joseph Philippe, catalogue, rétrospective au
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Autour du groupe Art Abstrait (1952-1956), Fl. Fréson, Marc Renwart, éd.
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De bec et de plume, J. Parisse, éd. Biblio, Liège, 1987.
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Stienon, J.P. Duschene, Y. Randahxe, éd. Lefebvre et Gillet, 1988.
La collection du Crédit Communal, éd. du Crédit Communal, Bxl, 1988.
Le musée de l'art wallon, Liliane Sabatini, éd. Crédit Communal, et
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Fondation pour l'art belge contemporain - Serge Goyens de Heusch : aperçu d'une
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1979-1988, catalogue des œuvres acquises, éd. du Ministère, Bxl, 1989.
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XXe siècle - l'Art en Wallonnie sous la direction de Serge G de H - éd. la
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Couleurs de notre temps - la peinture en belgique au 20ème siècle - René
Dalemans -édition Artis - Historia, Brussels - 2002
Art belge au XXème siècle - collection de la fondation pour l'art belge
contemporain Serge Goyens de Heush - Deux cents artistes - Serge G de H ,
préface de Philippe Roberts-Jones - éd. Racine - Bxles - nov 2006.
Catalogues
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Seraing, 1990.
L'art belge au XXè siècle. Acquisitions 1988-1989 de la Fondation pour l'art
belge contemporain, Bxl, 1990.
10è exposition de peintres et sculpteurs contemporains de plus de quarante ans,
catalogue, Bxl, 1991.
Marceau Gillard dans l'école liégeoise de sculpture, J. Philippe, éd. Frings,
Liège, 1991.
Sur des chemins séculaires d'art et d'histoire, J. Philippe, éd. Frings,
Liège, 1991.
Les arts plastiques, les expositions et les salons d'art contemporain de 1945 à
1995, Benoît Franck, mémoire Ulg, 1990-1991.
Belgian signatures artists, tome 2 (artistes belges des 19è et 20è siècles),
Paul-L. Piron, éd. Arts Antiques Auctions, Bxl, 1991.
Action pour la sauvegarde du site d'Auschwitz - Birkenau, catalogue,
éd. Fondation Auschwitz, 1992.
Pour tout l'art du monde, Philippe Deltour, catalogue, éd. Oxfam, Bxl, 1993.
LEOPOLD PLOMTEUX, Isabelle Koch, mémoire Ulg, 1993-1994.
50 artistes de Belgique, volume 5, Anita Nardon, éd. Echancrure, Bxl, 1994.
Académie royale des beaux-arts de Liège <1775-1995> 220 ans d'histoire
(2volumes), Jean-Paul Depaire, éd. Yellow Now, Liège, 1995.
Peinture abstraite en Belgique 1920-1970, Baron Roberts-Jones, éd. Crédit
Communal, Bxl, 1996.
PLOMTEUX, catalogue, exposition Grands Formats à la salle St-Georges, Liège,
éd. Fonds Mercator-Paribas, 1996.
Un double regard sur 2000 ans d'art wallon, éd. la Renaissance du livre et
Crédit Communal, avril 2000.
World Wild Flags, éd. Ville de Liège, juin 2000.
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